Trek en val d'Aoste

14 août 2009

Longue et inintéressante relation de voyage - 1

Lundi 3 août 2009 :

Le mauvais temps nous accompagne au Miroir, lieu de départ. Le brouillard vient, on y voit rapidement plus que le bout de ses pieds. Nous marchons en silence ; à part Tom, je ne connais encore personne, bah, un jeu de rôle cet après-midi et la mayonnaise prendra… Je dois essayer de ne rien comparer avec le trek de l’année dernière, je sais que tout sera différent. Première embuche après à peine un quart d’heure de marche : Max a droit à une ampoule. D’un air sûr, il affirme : «C’est bon, j’ai mis un Compax ! », premier délire d’une longue série. Nous éclatons tous de rire, il y a de quoi, c’était un beau lapsus ; et, pendant que Loïc joue à l’infirmière, Gillou nous propose un jeu : se mettre en rond et s’asseoir sur les genoux de l’autre.

Nous poursuivons donc cette première étape « facile », l’air est si humide que j’ai les cheveux complètement trempés. Installés dans un pierrier, nous mangeons dans un silence religieux. Nous avons raison de profiter du repas car plus tard nous perdrons le plaisir de manger en raison de quelque problème de transit sur lequel je ne m’étends pas outre.

Nous arrivons au refuge de l’Archeboc en début d’après-midi, j’ai l’impression – comme d’autres peut-être – que c’est déjà le soir. En montagne les journées paraissent longues, ce m’est agréable. Des chaussettes pendent bientôt au dessus du chauffage électrique, ça fait une jolie ribambelle.

Avant qu’une partie de tarot ait le temps de démarrer, Loïc entre pour nous dire de remettre les chaussures. Joie ! Et nous de repartir droits dans les pierriers et le mauvais temps. Crapahutages dans les pierres, traversées de torrents pour enfin arriver sur un sommet herbeux, la vue plonge sur la vallée ennuagée. Il ne fait pas très chaud, Maxime s’entoure de sa cape de pluie comme d’un igloo, le voici transformé en tortue, ça fera une jolie photo.

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Il faut maintenant descendre ce méchant pierrier. Après que Tristan a proposé de prendre une longue pierre plate et d’en faire une luge, je reprends l’idée, et suggère la construction artisanale d’un parapente. Je glisse de délire en délire, et passerai tout au long de ce trek pour le petit rigolo du groupe (ou le débile lourdingue, c’est au choix !).

C’est sans trop de mécontentement que nous arrivons au refuge. Le repas où nous refilons notre reste de pâtes collantes et froides à un groupe d’adultes est suivit de parties de loups-garous. Qu’importent les bourdes (no comment please ^^) et les maladresses qui sabordent quelques parties, quoi de mieux qu’un jeu de rôle pour souder un groupe ? Les surnoms fusent déjà, je ne les citerai pas tous, ils sont parfois un peu réducteurs, mais enfin… prenons-le bien.

Couchés, nous avons le droit à un énorme délire collectif, Tom se fait secrétaire et note les meilleures citations. Mon premier trek, c’était le bonheur du moment présent ; le bonheur – différent mais non comparable – de celui-ci sera de tout rapporter : photos, citations, comme si par nos délires nous participions à l’élaboration d’un ouvrage collectif.

à suivre !

 

Posté par AnaelVAC à 13:57 - Relations de voyage - Commentaires [3] - Rétroliens [0]


17 août 2009

Longue et inintéressante relation de voyage - 2

Mardi 4 août 2009

 

Réveil à six heures et demi pour entendre Loïc dire qu'il s'est blessé la veille et ne pourra pas continuer à nous guider. Le jour se lève, et première bonne nouvelle : il fait beau. Certains fainéants dont je ne citerai pas les noms repartent se coucher pendant que Loïc étale sur toute la longueur de la table une carte devant les yeux des derniers résistants aux sommeil.

« -Ca, c'est une carte. Dit-il.

« Ces cartes IGN sont très précises, elles appartenaient autrefois à l'armée, des cartes d'état-major...

« En vert, avez tout ce qui est forêt, etc... En brun, les paturages ; en gris, les pierriers des hauteurs, etc... (pas sûr de ne pas m'être trompé pour les couleurs, nda) Vous avez aussi des plages blanches striées de bleues, ce sont les glaciers. Et enfin en bleu ? L'eau, bien sûr ; pas trop compliqué jusque là ?

« Vous avez un ensoleillement artificiel qui met le relief en évidence ; l'inconvénient, c'est que les zones très ombrées deviennent difficiles à détailler. Après, vous avez des petits traits bruns, il y a dix mètres de dénivelé entre chacun. »

« Après, pour vous repérez, vous avez ça, poursuit-il en lançant une boussole  sur la carte. Ca vous montre le nord, donc premier réflexe : faîtes correspondre le nord de la carte avec le nord dans la réalité. Sinon, vous pouvez faire ce qu'on appelle un azimut.... »

Ainsi, nous n'aurons pas perdu notre matinée et saurons tout des secrets de la boussole et du GPS que je ne restitue pas en entier ici.

Mais la matinée sera encore longue, nous avons le temps de se voir proposer par Gillou de nouveaux jeux de « mise en confiance » (sic). (Pour la confiance, je tiends à remercier François pour le banc que je me suis ramassé dans les tibias, c'était immensément agréable !) Nous avons le temps de jouer au kems, et de perdre à plate couture avec Tom, pendant que Max et Tristan amassent des points avec un signe débile. Nous avons le temps de guetter aux jumelles Pascale, la guide annoncée. Nous avons le temps de délirer sur le complot des pingouins soviétiques en mission diplomatique. Et puis finalement de se mettre à table.

C'est donc le nez dans la nourriture que nous accueillons Pascale. Nous repartons après le repas pour vaincre le col de Mont, 2600 m. Nous pouvons voir, émergeant entre deux crêtes, le mont-blanc, « un petit mont peu connu de 4810 m » selon Pascale. Mais le plus impressionnant, c'est la pointe de l'Archeboc, enneigée et plus proche : plus de 3000 m quand même.

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Au col, la vue s'ouvre sur le val d'Aoste : les crêtes sont éloignées, on ne voit pas le fond de la vallée. Siamo in Italia ! Photo ! Un magnifique panneau frontalier nous annonce la bienvenue : « Attenzione. Bomba inesplosa. Non toccare. Perricoloso. » Heureusement, la pierre avec une croix où est posée cette affiche porte une inscription plus avenante, qui me plaira tant que nous l'apprendrons par cœur avec Tom et la répéterons tout le long du trek (mais les autres auront-ils comprit que nous ne le faisions pas que pour « déconner » ?) : « L'histoire nous apprend que, si les montagnes marquent les confins elles sont aussi des points de rencontre, d'union et d'amitié des peuples. Cauppo Alpini di Valgrisenche, sezione Valdostana ».

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Il vente, nous devons continuez, descendre ; faire notre première pose en Italie, allongés près de la ruine ; repartir hors des sentiers, et approcher pierre par pierre du lac de San Grato.

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Je passe rapidement sur un épisode qui ne me glorifie pas : oublier ma casquette et me faire refiler gentiment un bob à fleur pendant que la très sportive Pascale refait l'aller-retour jusqu'à San Grato, j'en culpabilise un peu.

Je rentre au refuge avec soulagement, la descende n'en finissait pas, heureusement j'en ai profité pour discuter avec Maxime. Je mange en silence, fait de nombreuses parties de loup-garous quelques loups-garous, discute avec Marie et Tom qui s'étale de la crème corrosive sur le visage comme de la crème solaire puis dort d'une traite.

A suivre...

Posté par AnaelVAC à 18:27 - Relations de voyage - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
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